10.02.2010

I Love you Phillip Morris

 

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A découvrir en salles à partir d'aujourd"hui, I Love you Phillip Morris, film que j'avais découvert en mai dernier, à travers la rétrospective de La Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes 2009.

Il y a longtemps que je t'aime

il ya longtemps que je t'aime.jpgRien que pour l'interprétation de Kristin Scott Thomas, il faut voir ce film, c'est tout en finesse, en simplicité, dans le regard, dans le silence, c'est parfait.

Que dire de plus?

Si, que ce film mérite d'être vu pour Elsa Zylberstein aussi, pour la relation, le lien intrinquèque, immuable, intemporel (le titre du film renvoie à cet amour) qui unit ces deux soeurs. Comment avec quelques mots, beaucoup de silences, tout est dit, tout est compris. Les raisons pour lesquelles le personnage de Juliette (Kristin Scott Thomas) était absente de la vie de sa soeur Léa (Elsa Zylberstein) pendant 15 ans ne sont finalement qu'une excuse pour montrer comment l'amour d'une soeur, le fait qu'elle lui (par)donne tout va lui permettre de se reconstruire, de se créer une nouvelle vie.

Le réalisateur, Philippe Claudel, écrivain à la base, s'est intéressé aux relations qui unit ces deux soeurs et aux secrets et non-dits qui ont empoisonnés cette famille. Etrangement, pour un écrivain, il réussit très bien ici à jouer avec les silences et les regards. Alors que la réalisation, caméra à l'épaule, reste classique, pas de grands mouvements caméra, cette dernière se mettant au service de ses acteurs, ce sont les regards et les silences qui en disent le plus.

C'est un très beau film, très touchant sublimé par deux actrices qui donnent tout pour raconter cette bouleversante histoire de femmes, de soeurs.

09.02.2010

Il était une fois Playmobil

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Playmobil, en avant les histoires. Qui n'a jamais entendu cette accroche musicale à la fin de chaque pub pour les Playmobil, ces petits bonshommes de plastique créés en 1974 pour les enfants, de 7 à 77 ans. Qui n'a jamais joué au moins une fois dans sa vie avec ces petits êtres toujours souriants, à la célèbre coupe de cheveux jamais inégalée mais tant de fois copiée par ces humains de chair et d'os. Pour rendre hommage à cette institution qu'est le Playmobil, le musée des Arts Décoratifs de la ville de Paris, expose pour la première fois en France ces Playmobil, montrant l'évolution de la marque à travers plus de 3 décennies d'existence.

On voulait les voir... on les a vu. Des centaines et des centaines de Playmobil mis en scène dans de grandes vitrines autour desquelles petits et grands peuvent tourner. A chaque vitrine son thème. En premier, celui du cirque, le dernier né de la société. Suivront les îles et la mer avec les pirates, Robinson Crusöe et compagnie puis le zoo et pour finir les maisons.playmobil2.jpg

La première impression que l'on a lorsque l'on entre dans l'exposition c'est un sentiment de nostalgie, l'impression de retomber en enfance. Sentiment accentué par la première vitrine latérale, celle qui montre l'évolution du Playmobil, de 1974 où les visages étaient peints sur le plastique et pouvaient donc s'enlever, à 2009 où les Égyptiens ont fait leur apparition.

Viennent ensuite les fameuses vitrines, décorées à outrance avec des Playmobil. Les commentaires commencent alors à fuser du côté des parents ("j'avais ceux là quand j'étais petit", "ça me rappelle mon enfance"...), tout comme du côté des enfants qui sont venus pour faire leur liste de noël ("maman je veux celui-là" ou "maman, on pourra mettre le cirque pareil à la maison").

Ce qui est parti comme une bonne idée, mettre en scène les Playmobil dans leur univers correspondant (avec utilisation d'astuces décoratives comme du sable pour faire les routes et chemins), s'est terminé dans une abondance indigeste. Il y en avait trop, beaucoup trop. Tous les Playmobil étaient amassés les uns sur les autres, et il fallait vraiment s'attarder sur une partie de la mise en scène pour apprécier les petits bonshommes à leur juste valeur. Parce qu'au final, à trop vouloir en montrer on finissait par ne plus regarder. Pourtant on a véritablement apprécié le travail qui a été fait pour exposer ces Playmobil, les intégrer dans leur univers, réaliste, féérique, magique. On s'attendait presque à les voir prendre vie. Il y a même une petite fille qui a cru à un moment que dans le village féodal quelque chose avait bougé pour de vrai.

Les concepteurs de l'exposition ont bien retranscrit le but premier des Playmobil, ce pour quoi ils ont été créés en 1974 par Hans Beck, rendre vivant et réaliste un univers totalement imaginé par les enfants. Ces mêmes enfants qui participent à la magie du Playmobil en envoyant à la société des dessins qui illustrent leur vision des Playmobil (en les intégrant par exemple dans un univers réaliste) et les Playmobil qu'ils aimeraient voir exister (c'est à partir de là que ce sont créés les Playmobil égyptiens).

playmobil.jpgEn parallèle de ces vitrines, on peut découvrir la genèse du Playmobil et des accessoires qui l'entourent. De même que des vidéos retracent les différentes publicités créées autour des Playmobil.

Au final nous avons été déçues par l'exposition car pour le prix que l'on paye (9 euros pour 3 malheureuses salles), nous sommes restées sur notre faim. Au lieu de tout concentrer sur deux, trois vitrines, ils auraient peut être dû les disperser sur plus de salles.

Photos provenant du site du Musée des Arts Décoratifs. Photographie Luc Boegly © Geobra Brandstätter

08.02.2010

Brothers

brothers.jpgMagnifique!! Wonderful!! Je ne pourrais mieux dire car nous avons assisté à une performance d'acteur de la part de Tobey Maguire, et à une histoire très forte, toute simple, mais très forte car filmé avec simplicité, justesse, sans tomber dans le pathos, les acteurs sont très justes, le casting est parfait car on aurait pu imaginer que ce soit Jake Gyllenhaal qui joue le militaire qui revient de l'armée, et bien non, et c'est là la première surprise du film, la deuxième l'intensité qui se dégage des personnages, cette relation très forte qui uni les trois personnages. Il faut note également l'interprétation de la fille de Nathalie Portman, Bailee MAdison, qui n'en ai pas à son premier film mais qui a un bel avenir devant elle, elle est tout simplement bluffante pour une fille de son âge. Certains films mettent du temps à vous faire rentrer dans l'atmosphère, ou l'ambiance de l'histoire, dès le début avec une image et une musique Jim Sheridan qui vous dit tout de suite que vous n'allez rire, sans non plus tomber dans le drame, je ne me souviens plus du titre de la chanson mais le cadre et l'ambiance sont posés. Il y a eu pas mal de film, surout après la guerre du Vietnam, sur le retour des militaires, le traumatisme que cela occasionne, le film montre parfaitement tout cela, et nous sommes d'autant plus bouleversés que cela arrive en ce moment tous les jours, il faut reconnaître que les Américains ont la capacité de parler des évènements présents ce qui arrive très, très peu en France, malheureusement. Il reste une dernière surprise, qui m'étonne vraiment c'est que le film n'est nommé dans aucune catégorie aux Oscars, Tobey Maguire a été nommé dans la catégorie meilleur acteur pour les Golden Globes, quand on pense qu'Avatar est énormément nommé alors que c'est un pocahontas version science-fiction ou encore Very Bad Trip qui est la bêtise de l'année mais encensée par les critiques, donc je ne comprends pas, il y avait vraiment possibilité de récompencer ce film, c'est dommage, si les films qui gagne des millions commence à prendre la place de ceux qui devrait être récompensés!

Sam & Grace forment un couple parfait et sont les parents de deux petites filles. Sam est envoyé par l'ONU en mission à l'étranger et confie à Tommy, son frère tout juste sorti de prison, le soin de s'occuper de sa famille. Lorsque Sam est porté disparu et présumé mort, Tommy et Grace se rapprochent contre toute attente. C'est alors que Sam revient du front...

07.02.2010

Complices

complices.jpgÇa fait plaisir de voir que l'on peut faire des (très) bons films policiers en France.

Dans Complices (à ne pas confondre avec Les Complices) on est loin des clichés et stéréotypes inhérents au genre. Le style est assez léger, voire lumineux. A part une mise en scène nerveuse avec plans serrés sur les comédiens, on a l'impression de ne pas regarder un policier mais plutôt un drame sentimental. Le manque d'action va dans ce sens. L'enquête policière n'est qu'une excuse pour raconter en parallèle deux histoires d'amour, de complicité, deux histoires humaines.

D'un côté nous avons cet amour adolescent maudit, meurtri, symbole d'une jeunesse paumée, prisonnière d'une société en crise, sans échapatoire possible. Ces deux jeunes (Cyril Descours, vu récemment dans Une Petite Zone de Turbulences et Nina Meurisse) ne vivront pas qu'une simple amourette, c'est le grand amour entre eux, on ressent une complicité, une confiance aveugle l'un en l'autre. Elle, est prête à tout pour lui, pour son amour. Lui, est prêt à tout sacrifier pour construire un avenir avec elle. Sans aucune structure familiale, ils sont laissés à leur propre sort et ne pourront donc compter que sur eux-même. Cette histoire d'amour est filmée de façon très lumineuse, très positive avec des tons chauds et des plans plus larges.

En parallèle on suit deux policiers (Gilbert Melki et Emmanuelle Devos) enquêtant sur la mort d'un jeune. Ce n'est pas une histoire d'amour à proprement parlé, le réalisateur laisse justement très vite tomber les allusions sentimentales entre les deux policiers qui sont plus pôtes qu'autre chose. Et c'est bien dommage parce que l'histoire entre Emmanuelle Devos et Gilbert Melki en pâti à l'écran. Elle en devient anecdotique et finit par s'effacer par rapport à l'histoire d'amour entre les deux jeunes. Mais l'on sent véritablement une complicité entre les deux, une amitié profonde qui rend leur travail plus léger, plus supportable. Là par contre, le réalisateur utilise des couleurs froides et un montage plus rapide et nerveux pour rendre compte de la dureté du métier et de la vie.

Les deux histoires sont ancrées dans la réalité et le réalisme à travers des séquences crues et dures (d'où l'interdiction en salles aux moins de 12 ans). Cela renforce la crédibilité de l'histoire et des personnages.

Lorsque les deux histoires finissent par se rencontrer c'est l'aspect policier qui prend le dessus et nous emmène vers un twist final intéressant (qui peut expliquer le titre du film) sans mettre de côté les relations humaines qui sont la base et le coeur de ce film.

Les quatre comédiens sont incroyables et totalement convaincants dans leurs rôles respectifs. Ils se sont totalement investis dans leur rôle et cela transparaît à l'écran.

06.02.2010

In the Air (Up in the Air)

in the air.jpgPeut-on rire de tout? Peut être pas mais en tout cas Jason Reitman est bien parti pour nous prouver que l'on peut rire de beaucoup de choses. Déjà avec Thank you for Smoking et Juno, il nous montrait de façon cynique pour le premier et touchante pour le second que l'on peut traiter de sujets sérieux (l'industrie du tabac ou la grossesse chez les adolescents) sur le ton de la comédie.

In the Air vole sur la même trajectoire. Il traite d'un sujet on ne peut plus sérieux, qui plus est d'actualité, la crise financière aux États-Unis et ses conséquences au niveau des salariés. Quelle que soit la région, quelle que soit la société, tout le monde est touché. Le réalisateur prend le parti délicat de détourner la crise pour nous montrer, à travers le personnage de Ryan Bingham (George Clooney), dont le métier consiste à virer les salariés, qu'il y a plus important que le travail. Ce dernier représente toute la vie de Bingham. Mais en contrepartie il se retrouve seul, sans véritable famille qui le connaisse et sans attaches sentimentales. En utilisant les témoignages de véritables personnes qui ont perdu leur travail, Jason Reitman donne à son film une dimension très humaine, très attachante. Ces personnes n'ont finalement pas tout perdu (pour la plupart) puisqu'ils ont une famille à laquelle ils peuvent se raccrocher. Comme le dit Bingham dans le film, la vie est plus belle à deux.

Sans jamais sombrer dans le larmoyant ou au contraire dans le vulgaire le film oscille toujours entre le rire et le drame. Et ceci grâce au scénario d'une finesse et d'une intelligence rare. C'est très très bien écrit. Les blagues sont drôles, on en rit de bon coeur. Les moments plus émouvants sont très touchants, on aurait presque envie de sortir la petite larme. C'est un film léger et sombre en même temps.

Pour finir les acteurs. Ahhh George Clooney. J'ai envie de dire l'un de ses plus beaux rôles (jusqu'au prochain). Il y est naturel, ne surjoue jamais et est drôle, attachant, touchant, cosmique, en un mot parfait. Il est aussi très bien entouré. Par Vera Farmiga qui m'a vraiment étonnée et bluffée. Et par Anna Kendrick qui s'est bien défendue face au parfait George Clooney. Elle ne fait que débuter dans le métier mais je n'en doute pas qu'elle a un très bel avenir devant elle.

05.02.2010

L'Etranger (Lo Straniero)

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Je ne sais que penser. Je ne connaissais pas du tout le livre éponyme d'Albert Camus (dont je vais me dépêcher de corriger cette erreur) et je peux dire que j'ai été complètement déroutée par le film de Visconti. Tout d'abord parce que pour moi c'est loin d'être l'un de ses meilleurs films. La mise en scène est quasiment inexistante. A part la dernière séquence, sublime par son symbolisme et la force de son propos (comment avec rien on arrive à construire une scène puissante d'émotion), le reste du film semble bien plat. D'autre part, le sujet est assez étrange. Lorsque l'on sait que ce premier livre de Camus fait partie de sa trilogie sur l'absurde, je comprends mieux le pourquoi du comment. Ce qui est sûr c'est que j'ai eu beaucoup de mal à suivre le film. Un homme, Meursault (Marcello Mastroianni, j'y reviendrai sur sa performance incroyable), est emprisonné en Algérie pour le meurtre d'un Arabe. S'ensuit son procès qui va très vite prendre une tournure dramatique lorsque le président de la cour s'en prendra directement à Meursault, en conséquence de son comportement indifférent. C'est ce que l'on peut constater en suivant ce personnage, son indifférence totale face aux événements de sa vie, à commencer par l'enterrement de sa mère. Mastroianni délivre ici une performance bouleversante. Et c'est bien lui la raison de ce film.Fidèle au personnage créé par Camus, Mastroianni reste impassible, jusqu'au dernier moment son visage restera figé, délivrant le coup fatal et renversant dans la dernière séquence.

Ce qui est déroutant c'est l'attitude de ce personnage, totalement étranger au monde social dans lequel il évolue. Il est tour à tour raciste, blessant, touchant, froid, distant, protecteur, amoureux et tout cela sans qu'une émotion filtre. C'est vraiment déroutant.

Pour moi seule la séquence finale relève le niveau du film. Le discours que délivre Mastroianni durant cette séquence où il se retrouve seul face à ses démons, plongé dans le noir comme s'il s'enfonçait dans les enfers de la culpabilité et du regret, est véritablement poignant autant qu'haineux. On en ressort marqué, au point que les gens dans la salle ne se sont pas levés tout de suite, essayant peut être d'accuser le coup face à la dernière réplique, très forte en émotion et en sens.

Au final c'est peut être Camus qui avait raison, il ne voulait pas que son livre soit adapté au cinéma, L'Étranger n'aurait peut être jamais du être réalisé en film. Encore moins en italien, dans l'Algérie des années 30, alors que la plupart des acteurs sont français.