17/07/2009
Toy Boy (Spread)

Si vous vous attendez à voir la nouvelle comédie américaine bien graveleuse, dans l'esprit de American Pie et Cie, passez votre chemin. Toy Boy est tout sauf drôle. Le film montre jusqu'à quel point la superficialité habite et hante Los Angeles. Sur le principe qu'il y a des milliers de jeunes gens qui viennent chercher le bonheur, mais surtout la gloire et la richesse à Los Angeles, le réalisateur, David MacKenzie, qui nous avait habitué à plus de profondeur dans ses précédents films (excellent Young Adam) dépeint le portrait de l'un de ces jeunes. Nikki (Ashton Kutcher) rêve de réussite et de gloire. Il décide de venir à Los Angeles utilisant son atout le plus précieux pour grimper sur l'échelle sociale, lui. Ce qui pourrait marcher avec un Brad Pitt ou un Tom Cruise jeune ne réussit pas avec Ashton Kutcher. On ne croit pas du tout au mec sexy qui les fait toutes craquer. Et surtout on ne comprend pas comment des femmes (ici Anne Heche) peuvent penser que lui s'intéresse à elle(s). On voit venir son jeu des kilomètres à la ronde. Il est vrai qu'il sait utiliser les bonnes techniques pour draguer et avoir ce qu'il veut. Son jeu se retournera finalement contre lui lorsqu'il tombera sur son alter ego féminin, Heather (Margarita Levieva, sûrement la meilleure surprise de ce film) et qu'il découvrira par la même ce qu'il n'a jamais pu donner, l'amour. C'est à ce moment là que le film devient intéressant. La dynamique est inversée et la superficialité remplacée par une certaine sincérité, des sentiments, des actions. On rentre au coeur du sujet, de savoir jusqu'où quelqu'un est prêt à aller pour réussir, quitte à remettre en cause ses convictions.
Derrière cette débauche de superficialité avec tous les clichés que cela peut comporter (les filles sexy en mini-jupe, les soirées dans les hauteurs de Los Angeles avec beaucoup d'alcool et de filles, la cheerleader blonde au service de son homme...), se cache sûrement une réflexion plus poussée et (ose-je le dire) plus profonde sur l'American Dream, ce rêve utopique que l'on promet aux jeunes qui n'est finalement qu'une illusion, voire même une arnaque. Los Angeles n'est qu'un univers de rêves et de désillusions où se côtoient le strass, les paillettes, les stars mais aussi la galère, le manque de boulot et d'argent. Deux mondes qui se mélangent, interagissent, s'excluent, s'entrechoquent. MacKenzie essaye de mettre en avant ces deux univers dans son film. Malheureusement on a tendance à ne retenir que le côté superficiel et cru du film (un peu plus et on avait l'ensemble du Kama Sutra représenté dans le film). Et comme dans tout bon film américain, plein de bons sentiments, il y a une morale. A force de jouer avec le feu, on finit par se brûler.
08:48 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : david mackenzie, ashton kutcher, anne heche








Écrire un commentaire