03.06.2011

Beginners

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A lieu tous les mois au Gaumont Opéra une avant-première sous le thème "le Jeudi, c'est Gay-friendly" en partenariat avec le site Yagg.com, site d'informations sur la communauté gay et lesbienne.
Dans ce cadre là on a notamment pu voir le premier film de Tom Ford, A Single man, ou encore Les Amours Imaginaires  de Xavier Dolan, en sa présence. La semaine dernière c'était un petit fil indépendant qui y était présenté,  Beginners de Mike Mills.

La particularité de ces avant-premières est de traiter à plus ou moins grande échelle de l'homosexualité. Dans Beginners, sujet hautement autobiographique pour le réalisateur, c'est le grand-père (Christopher Plummer) du personnage de Ewan Mcgregor, Oliver, qui lui annonce après le décès de sa femme (et donc mère d'Oliver) que ce dernier est gay et souhaite exprimer au grand jour sa vraie nature, à 75 ans.
Cette annonce remet en cause pour Oliver le fondement même de l'amour entre deux personnes. Comment y croire lorsque l'on sait que toute sa vie a été basée sur un mensonge, que l'amour que se portaient ses parents n'était qu'illusion. Cette annonce va affecter durement sa vie de couple, n'ayant aucune confiance en l'amour et en lui-même.

Au-delà du sujet délicat de l'homosexualité, traité ici avec beaucoup de légèreté et d'humour, que l'on prend comme une pure bouffée d'air frais et de bonne humeur, le réalisateur concentre son film sur les problèmes relationnels et générationnels entre le père et le fils. Mais surtout, et c'est là le grand intérêt du film, il met en scène une possible histoire d'amour entre Oliver et Anna (Mélanie Laurent, pétillante à souhait). Histoire d'amour touchante, presque irréelle (avec l'intervention d'un chien "bavard" qui rajoute à l'effet onirique de ces scènes), entre deux êtres perdus, déprimés, qui vont trouver du réconfort, de la compréhension et de l'écoute l'un en l'autre. Ils sont déprimés, perdus mais étrangement, le film n'en est pas moins plus déprimant. Car le réalisateur apporte à travers sa réalisation une touche de singularité (un peu dans le même esprit que (500) jours ensemble) en mettant en image ce que le narrateur, Oliver, raconte et en jouant sur l'effet de répétition. Au final cela donne au film une aura fantaisiste et malicieuse.
Pendant tout le film, ces deux aspects de l'histoire s'opposent, se complètent pour donner au final un film plein de charme, d'originalité, un petit ovni indépendant qui mérite le coup d'oeil (même s'il ne va pas plaire à tout le monde en vue des réactions mitigées de la salle après la projection).

Sans rien gâcher au plaisir les acteurs sont totalement investis dans leur rôle, Christopher Plummer en tête, excellent dans son personnage de gay affirmé qui retrouve une seconde jeunesse dans les bras d'un homme plus jeune mais pas moins fougueux que lui. Mélanie Laurent joue encore une fois une personne étrange, dans son monde, un peu extravagante mais toujours attachante. En même temps, ce genre de rôle lui correspond très bien donc pourquoi pas. Quand à Ewan McGregor, il est surprenant. Il confirme là un certain talent pour la comédie romantique, qu'il avait déjà amorcé avec I Love You Phillip Morris.

Le film sort le 15 juin.

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