07/03/2011

La ligne droite

rachida brakni,cyril descours,régis wargnierQuelle surprise de voir que le forum des images organise une avant-première du nouveau film de Régis Wargnier en sa présence. C'est l'occasion d'entendre un cinéaste qui a déjà marqué l'histoire du cinéma, je cite évidemment "Indochine", Est-Ouest", "Man to man", "une femme française" ou plus récemment "Pars vite et reviens tard" que j'avais bien aimé malgré les mauvaises critiques. Il reviens avec un film pas si loin de ses thèmes habituels, il aime l'athlétisme, il aime les personnages qui se retrouvent dans des situations difficiles, et l'on peut dire que c'est le cas dans ce film puisque les deux personnages ont un fort passé, et l'un comme l'autre ils vont devoir faire avec. Nous sommes loin des paysages magnifiques de l'indochine ou de l'afrique. C'est un film moins épique et plus humain, les sentiments sont très fort, les limites sont atteintes, il y a un véritable dépassement de soi dans le sport et les acteurs ont également beaucoup donné de leurs personnes, il y a eu un entraînement de 4 mois avant le film pour pouvoir tenir car il faut dire qu'ils courent, souvent et ce ne sont pas de petites foulées, on oublie les acteurs, on voit les personnages, parfois un peu trop car de temps en temps le film donne l'impression d'un documentaire ou un docu-fiction, c'est d'ailleurs un documentaire qui est à l'origine de ce film, et il y a de véritable athlète dans le film. D'ailleurs l'histoire a rejoins la réalité car il est arrivé quelque chose à Rachida Brakni qui a fait que la fin du film a changé. J'ai été captivé par cette histoire mais pas totalement car il manque un petit quelque chose qui fait que l'on aurait pu avoir un très beau film, peut être une question de rythme, je ne sais pas. On sent l'investissement énorme des acteurs, on sent la caméra de Wargnier qui prend le temps de suivre l'histoire avec des plans très simple et qui n'essaye pas de nous en mettre plein la vue, les cadres sont bien choisis mais il y a ce petit quelque chose qui fait la différence. Certains vont de nouveau trouver que l'on ne retrouve pas le Régis Wargnier qui a fait de grands films, mais je trouve cela bien qu'il fasse autre chose, tout en gardant ce qu'il aime, en prenant des risques. Le film ne marquera pas les esprits mais l'histoire n'est pas à oublier.

Leïla, après cinq années de prison, retrouve la liberté. Elle va rencontrer Yannick, un jeune athlète qui vient de perdre la vue dans un accident. La seule discipline que celui-ci peut pratiquer avec son handicap, c’est la course. Mais avec un guide, auquel il est attaché, par un fil, le temps de l’entraînement. Ce sera en l’occurrence, une guide : Leïla, elle-même athlète de haut niveau dans sa vie d’avant. Leïla se tait sur son passé. Yannick, étouffé par les marques de compassion de son entourage, va s’arranger de ce silence. L’entraînement, et puis les projets de compétition vont les aider à se reconstruire, l’un avec l’autre. Mais il y a des histoires passées qui ne vous lâchent pas, et des sentiments présents, des mouvements du cœur, qui bouleversent les trajectoires. Il faudra en passer par là pour un jour entrer dans la ligne droite.

07/02/2010

Complices

complices.jpgÇa fait plaisir de voir que l'on peut faire des (très) bons films policiers en France.

Dans Complices (à ne pas confondre avec Les Complices) on est loin des clichés et stéréotypes inhérents au genre. Le style est assez léger, voire lumineux. A part une mise en scène nerveuse avec plans serrés sur les comédiens, on a l'impression de ne pas regarder un policier mais plutôt un drame sentimental. Le manque d'action va dans ce sens. L'enquête policière n'est qu'une excuse pour raconter en parallèle deux histoires d'amour, de complicité, deux histoires humaines.

D'un côté nous avons cet amour adolescent maudit, meurtri, symbole d'une jeunesse paumée, prisonnière d'une société en crise, sans échapatoire possible. Ces deux jeunes (Cyril Descours, vu récemment dans Une Petite Zone de Turbulences et Nina Meurisse) ne vivront pas qu'une simple amourette, c'est le grand amour entre eux, on ressent une complicité, une confiance aveugle l'un en l'autre. Elle, est prête à tout pour lui, pour son amour. Lui, est prêt à tout sacrifier pour construire un avenir avec elle. Sans aucune structure familiale, ils sont laissés à leur propre sort et ne pourront donc compter que sur eux-même. Cette histoire d'amour est filmée de façon très lumineuse, très positive avec des tons chauds et des plans plus larges.

En parallèle on suit deux policiers (Gilbert Melki et Emmanuelle Devos) enquêtant sur la mort d'un jeune. Ce n'est pas une histoire d'amour à proprement parlé, le réalisateur laisse justement très vite tomber les allusions sentimentales entre les deux policiers qui sont plus pôtes qu'autre chose. Et c'est bien dommage parce que l'histoire entre Emmanuelle Devos et Gilbert Melki en pâti à l'écran. Elle en devient anecdotique et finit par s'effacer par rapport à l'histoire d'amour entre les deux jeunes. Mais l'on sent véritablement une complicité entre les deux, une amitié profonde qui rend leur travail plus léger, plus supportable. Là par contre, le réalisateur utilise des couleurs froides et un montage plus rapide et nerveux pour rendre compte de la dureté du métier et de la vie.

Les deux histoires sont ancrées dans la réalité et le réalisme à travers des séquences crues et dures (d'où l'interdiction en salles aux moins de 12 ans). Cela renforce la crédibilité de l'histoire et des personnages.

Lorsque les deux histoires finissent par se rencontrer c'est l'aspect policier qui prend le dessus et nous emmène vers un twist final intéressant (qui peut expliquer le titre du film) sans mettre de côté les relations humaines qui sont la base et le coeur de ce film.

Les quatre comédiens sont incroyables et totalement convaincants dans leurs rôles respectifs. Ils se sont totalement investis dans leur rôle et cela transparaît à l'écran.

ELLE

24/01/2010

Une petite zone de turbulences

une petite zone.jpg

Voilà, là c'est drôle, c'est décalé, c'est extra. Les situations sont parfaites, les comédiens sont très bien, le casting est bon, l'histoire est toute simple mais avec un peu d'humour noir et de cynisme, on peut faire beaucoup. Malheureusement cela nous vient d'angleterre puisque l'adaption de Michel Blanc est tiré d'un roman anglais, il y a peu de film français avec un humour aussi précis, froid, directe, il y en a mais c'est comme si les scénaristes n'osaient pas, alors que c'est excellent, je suis sorti ravi, ça ne dure pas assez longtemps. On retrouve un peu le jean-claude Duss des bronzés dans l'interprétation de Michel Blanc mais c'est bien quand même, je me demande si je ne vais pas aller le revoir. On a toujours beaucoup de choses à dire quand c'est mauvais et peu quand c'est bien, c'est exactement le cas pour ce film!