10/10/2011

We Need to Talk About Kevin

lynne ramsay, tild swinton, john c. reilly, ezra miller, jasper newell

We need to talk about Kevin, ou ce qu'aurait pu donner la suite de Rosemary's baby mettant en scène la jeunesse de ce bébé. Car ce film n'est pas une partie de plaisir. C'est étouffant, angoissant, on est tout le temps sous tension. La réalisatrice, Lynne Ramsay, joue beaucoup sur la nervosité du spectateur pour nous mettre sur les nerfs, comme le "héros" du film, prêts à explosés. La mise en scène très nerveuse participe à cet effet stressant et prenant. Beaucoup de plans serrés, de caméra en mouvement nous font ressentir de plein fouet la situation extrême dans laquelle est plongé le personnage de Tilda Swinton.

Une mère se remémore sa vie d'avant, lorsque son fils est né et alors que leur relation, dès le début, a toujours été des plus tendues. Elle cherche une explication à ce qui a pu se passer pour que les choses dérapent autant.

On s'identifie très vite au personnage de Swinton. On se sent très vite pris au piège, manipulés, révoltés et impuissants. Cette situation est aussi due à la construction en puzzle du film qui divulgue des informations dans le désordre, jouant avec la temporalité, nous laissant souvent dans l'ignorance complète pour comprendre la situation, savoir ce qui s'est passé et comprendre pourquoi le personnage de Swinton est comme ça. Ce flou total crée une frustration qui va en grandissant, proportionnellement à la haine que l'on éprouve pour Kévin.
Swinton est très bien dans ce film. Comme toujours, elle arrive à délivrer une performance tout en force et en faiblesse. Elle oscille entre la femme prête à affronter tout le monde, à ne pas se laisser faire, et la mère fragile, soumise face à son fils. Sa performance est très juste et forte mais de là à dire qu'elle méritait le Prix d'Interprétation à Cannes face à Kirsten Dunst dans Melancholia, je ne pense pas. Par contre les deux acteurs qui interprètent le fils sont effrayants de crédibilité. Avec juste un regard ils arrivent à nous faire peur pour de bon. Impressionnant!

We Need to Talk about Kevin soulève des questions morales intéressantes. Il nous fait réfléchir sur la responsabilité d'un mère face à l'éducation de son fils. Alors que ce n'est jamais expliqué directement dans le film, tout en demeurant la trame principale, on peut se demander jusqu'à quel point une mère est responsable des agissements de son fils, tant que celui-ci n'est pas majeur.

12/09/2011

Carnage

roman polanski, jodie foster, kate winslet, christoph waltz, john c. reillyLà a été la véritable difficulté pour moi de comprendre un film où les protagonistes parlent énormément, parlent vite, et parfois les voix se superposent. Je me suis senti si seul de ne pas comprendre la moitié de ce qui se passait à l'écran pendant que les gens riaient, car j'ai saisi les grandes lignes, les très grandes lignes mais non les jeux de mots, les petits mots assassins car il s'agit d'une pièce de théâtre à la base, une pièce de Yasmina Reza, elle est connue pour avoir une certaine écriture, il ne s'agit pas de mots choisis au hasard, j'avais lu une de ses pièces et il y a une véritable recherche dans le mot qui va faire une phrase qui va toucher son but, on sent la même chose dans cette pièce qu'elle a adapté au cinéma avec Roman Polanski. On sent la jubilation des comédiens à jouer cette partition. Une fois plus j'ai été émerveillé par l'interprétation de Jodie Foster et Kate Winslet, et surpris de la perte totale d'accent de Christoph Waltz alors que je me disais que j'allais comprendre ce qu'il disait, plus facilement, car il va plus articuler. Le rythme de la caméra est rapide, il y a énormément de plan, on en oublie presque que c'est un huis clos, il trouve des angles intéressants et c'est presque du théâtre filmé. Je n'attends qu'une chose, c'est qu'il sorte en France pour que j'aille le revoir et comprendre tout ce qui m'a échappé, mais il va falloir que j'attende 3 mois! Car oui, j'irai le revoir car il m'a bien plus ce film et je sais que je vais pouvoir rire avec la salle plutôt que d'attendre la fin du film qui heureusement ne dure pas longtemps donc mon calvaire n'a pas été trop dure et trop long. Je parlerai plus longuement de ce film lorsque je l'aurai vu dans de bonnes conditions mais j'y vais les yeux fermés.

Dans un jardin public, deux enfants de 11 ans se bagarrent et se blessent. Les parents de la « victime » demandent à s'expliquer avec les parents du « coupable ». Rapidement, les échanges cordiaux cèdent le pas à l'affrontement. Où s'arrêtera le carnage ?