06/02/2011

Contre Toi

lola doillon,pio marmaï,kristin scott thomasPour son deuxième film après la comédie légère sur les sentiments amoureux, Et toi, t'es sur qui? Lola Doillon nous revient ici avec un film plus viscéral, plus adulte, sur une histoire d'amour entre deux êtres que tout semble opposer.

Contre-toi  raconte le Syndrome de Stockholm à travers la rencontre d'une obstétricienne et de son ravisseur, un jeune homme qui essaye de faire le deuil de sa femme. On parle de Syndrome de Stockholm lorsqu'une personne captive ressent de l'empathie, voire des sentiments plus développés, pour son ravisseur.

La réalisatrice a eu la bonne idée de filmer du point de vue de la captive. Chaque émotion, chaque sentiment passent à travers le regard du personnage de Kristin Scott Thomas, Anna. De ce fait on est enfermé avec elle, on ressent la même chose qu'elle. Que ce soit sa peur, son ennui, son désir, en tant que spectateur, on évolue en même temps qu'elle. Au niveau de la réalisation (composée essentiellement de plans fixes, permettant de rester en retrait par rapport à ses personnages et de nous laisser en tant que témoins passifs) cela se ressent surtout à travers les effets sonores. Dès le début on entend, ou n'entend pas, ce que le personnage d'Anna entend. Par exemple, il n'y a pas de fond sonore ou de musique. Le seul bruit répétitif que l'on capte c'est celui de cette porte qui s'ouvre et se referme à chaque scène. Ce qui donne au bout d'un moment un sentiment d'exacerbation... et d'envie. Tout comme le personnage d'Anna, on attend avec impatience que cette porte s'ouvre alors qu'au début on avait qu'une envie c'est qu'elle reste tout le temps fermée.
Il y a un véritable travail d'identification qui s'opère ici. On se met totalement dans la peau du personnage. Lorsqu'elle est mal à l'aise face à son ravisseur, nous aussi. Ce qui crée un rapprochement qui nous permet de mieux comprendre Anna et, par la suite, de mieux saisir son évolution et justifier ces gestes et son comportement.

Cette identification est possible aussi grâce au talent de Kristin Scott Thomas. Elle nous envoute par sa présence. La caméra reste focalisée sur elle pendant tout le film mais cela ne dérange pas. Elle a la carrure et le charisme pour porter un film de cette envergure sur ses épaules. Elle est à la fois fragile et forte. Tout se passe dans son regard. On a envie de la soutenir et en même temps on se dit qu'elle peut craquer à tout moment et devenir dangereuse. La marque d'une grande actrice c'est sûr.
Face à un talent comme elle, il fallait un acteur qui puisse être à la hauteur pour soutenir son jeu. C'est sous les traits de Pio Marmaï, révélation du Premier Jour du Reste de ta Vie, qu'il apparaît. Et il est époustouflant. Oscillant toujours entre la tendresse, la compassion et la violence destructrice, on ne sait jamais comment il va réagir.
Ils sont tous les deux à fleur de peau, et c'est à travers leur solitude respective qu'ils vont se retrouver et former un couple atypique mais tellement touchant que l'on ne peut que les suivre. La réalisatrice a réussi son pari, nous faire admettre le Syndrome de Stockholm comme une réalité indéniable.

ELLE

15/01/2011

Les lumières 2011

Les gloden globes à la française, qui sont les Lumières ont été remis hier, voici le palmarès

 

lumières.jpg

 

Meilleur Film :

Des hommes et des dieux

Carlos

Gainsbourg - (vie héroïque)

The Ghost-Writer

L' Illusionniste

 

Meilleur Réalisateur :   

Roman Polanski (The Ghost-Writer)

Mathieu Amalric (Tournée)

Olivier Assayas (Carlos)

Xavier Beauvois (Des hommes et des dieux)

Joann Sfar (Gainsbourg - (vie héroïque))

 

Meilleur Scénario :

Robert Harris et Roman Polanski (The Ghost-Writer)

Julie Bertuccelli (L' Arbre)

Olivier Lorelle et Rachid Bouchareb (Hors-la-loi)

Michel Leclerc et Baya Kasmi (Le Nom des gens)

Géraldine Nakache et Hervé Mimran (Tout ce qui brille)

 

Meilleure Actrice :

Kristin Scott Thomas (Elle s'appelait Sarah)

Juliette Binoche (Copie conforme)

Isabelle Carré (Les Emotifs anonymes)

Catherine Deneuve (Potiche)

Ludivine Sagnier (Pieds nus sur les limaces)

 

Meilleur Acteur :

Michael Lonsdale (Des hommes et des dieux)

Romain Duris (L'Arnacoeur et L' Homme qui voulait vivre sa vie)

Eric Elmosnino (Gainsbourg - (vie héroïque))

Édgar Ramírez (Carlos)

Lambert Wilson (Des hommes et des dieux et La Princesse de Montpensier)

 

Meilleur Espoir Féminin :

Yahima Torres (Vénus noire)

Lolita Chammah (Copacabana)

Linda Doudaeva (Les Mains en l'air)

Marie Féret (Nannerl, la Soeur de Mozart)

Nina Rodriguez (No et moi)

 

Meilleur Espoir Masculin :

Antonin Chalon (No et moi)

Emile Berling (Le Bruit des glaçons)

Nahuel Perez Biscayart (Au fond des bois)

Jules Pelissier (Simon Werner a disparu…)

Aymen Saïdi (Dernier étage, gauche, gauche)

 

Meilleur Film Francophone :

Un Homme qui crie (France, Belgique, Tchad)

Amer (France, Belgique)

Les Amours Imaginaires (Québec)

Illégal (Belgique, Luxembourg, France)

Orly (Allemagne, France)

08/12/2010

Nowhere Boy

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John Lennon n'a pas toujours été la personnalité peace and love que l'on connaît aujourd'hui. Il a été comme la plupart des ados: rebelle, avec toutes la panoplies de la rebelle attitude. Et lorsqu'il est ado, le comble de la branchitude est Elvis Presley. Il faut arriver à imaginer John Lennon avec la coupe d'Elvis! Difficile de trouver des photos de cela aujourd'hui mais on est loin des cheveux longs et plats. C'est donc la vie d'adolescent que nous présente ce film, et l'on peut dire qu'il ne présente en rien ce qui va devenir le futur John Lennon auteur de la mythique chanson "Imagine". C'est un ado presque orphelin, élevé par sa tante, à cause d'une mère un peu trop volage, qui grâce à elle se met à la musique et tout d'abord au banjo, il apprend seul, puis monte un band parce que c'est cool et qu'il faut en être. Comme la justement dit ma voisine, ça aurait pu être n'importe qui, ça aurait été pareil, le faite que ce soit John Lennon n'apporte rien au récit. C'est la mode des biopics, c'est sympa de découvrir une autre facette de sa vie pour ceux qui ne la connaissait pas mais à part quelques références aux beatles, il n'y a rien. Evidemment ce n'est pas un film sur le groupe plus célèbre que Jésus selon Lennon mais la plupart des artistes ont été influencé dans leur enfance, certes ils ont fait un chanson prénommé Julia du nom de la mère de Lennon, c'est elle qui lui fait découvrir le rock mais après c'est la relation avec Paul Mccartney qui a fait les Beatles. Le casting sauve un peu le tout, la prestation de Aaron Johnson est à remarquer, tout comme celle de Anne-Marie Duff, et bien sûr Kristin Scott Thomas toujours au top.

John Lennon a grandi dans une famille pleine de secrets. Elevé par sa tante Mimi, il retrouve à l’adolescence sa mère, Julia. Arrivé en âge de comprendre le mystère qui a déchiré ces deux sœurs, John veut réconcilier sa famille. Une paix fragile s’installe, aussitôt ruinée par une tragédie. Mais sa mère a légué à John un don précieux : la musique. Un jeune homme tourmenté trouve enfin sa voie.

16/10/2010

Elle s'appelait Sarah

sarah.jpgOn en a peu entendu parler, et c'est bien dommage car c'est dix fois meilleur que "la rafle", en dix minutes, le film nous rend compte de l'horrible chose que cette rafle par les autorités. Le réalisateur a montré en quelques images ce que "la rafle" fait en, au moins, 30 minutes. C'est poignant et saisissant dès le début, on a envie de savoir ce qui va se passer, ce que cette petite devient. On suit avec un intérêt tendu les recherches de cette journaliste. Autant le film nous parle de la rafle du Vel d'Hiv mais aussi de famille, de la transmission familiale, de l'histoire de famille, est-ce qu'il est bon de remuer le passé? Question toujours d'actualité, longuement débattue, mais au regard de ce film, on peut se poser la question d'une autre manière. Les dialogues sont très juste car il ya des questions et les réponses possible à ce type de questions mais en laissant aux spectateurs la possibilité de réfléchir par lui-même. C'est une incroyable histoire qui nous ai raconté, et on ne peut que regarder avec effroie ou beaucoup d'émotions, toutes ces scènes aussi bien à l'époque qu'aujourd'hui, car c'est ce qu'il y a d'intéressant également dans le film, c'est de "transposer" l'histoire à aujourd'hui, de voir les conséquences que cela peut avoir sur aujourd'hui, au regard de cette scène où deux journalistes ne connaissaient pas l'histoire de la rafle.

Julia Jarmond, journaliste américaine installée en France depuis 20 ans, enquête sur l'épisode douloureux du Vel d'Hiv.
En remontant les faits, son chemin croise celui de Sarah, une petite fille qui avait 10 ans en juillet 1942.
Ce qui n'était que le sujet d'un article devient alors, pour Julia, un enjeu personnel, dévoilant un mystère familial.
Comment deux destins, à 60 ans de distance, vont-ils se mêler pour révéler un secret qui bouleversera à jamais la vie de Julia et de ses proches ?
La vérité issue du passé a parfois un prix dans le présent...

04/09/2010

Crime d'amour

crime.jpgMalheureusement, il ne fera pas d'autres films et l'on peut dire que son dernier est très bien fait et très bien écrit puisqu'il vous tient en haleine jusqu'au bout. Une histoire comme il en existe sûrement beaucoup dans les grandes entreprises où les personnes aiment le pouvoir, l'argent et la réussite. La pression psychologique qu'exerce le personnage de Kristin Scott Thomas est assez troublant, c'est de l'amour à double tranchant, et on peut dire qu'elle incarne le personnage parfaitement bien, elle a ce visage froid et dure qui change en quelques secondes à un visage radieux. En face, Ludivine Sagnier incarne très bien cette employée modèle, travailleuse et dévouée à son entreprise mais également capable d'un véritable changement d'état d'esprit. La relation est troublante et qui est pris qui croyait prendre. Le retournement de situation est bien trouvé et tout ce qui s'en suit également, les éléments pour arriver à la fin de l'histoire sont distillés de manière à ce que nous soyons sous tension et en même temps pendus aux lèvres de Ludivine Sagnier qui fait avancer l'intrigue. La réalisation n'a pas la force des films américains que l'on peut voir dans ce sens comme "chloé" où il y a une personne qui observe sans que le personnage ne puisse le voir et qui nous fait demander est-ce qu'il va le voir et est-ce que je vais sursauter? Non, ici c'est plus fin car tout est spychologique, l'intention des personnages est dévoilé au compte goutte pour notre plus grand plaisir.

Dans le décor aseptisé des bureaux d’une puissante multinationale, deux femmes s’affrontent… La jeune Isabelle travaille sous les ordres de Christine, une femme de pouvoir qu’elle admire sans réserve.
Convaincue de son ascendant sur sa protégée, Christine entraîne Isabelle dans un jeu trouble et pervers de séduction et de domination.
Ce jeu dangereux va trop loin… jusqu’au point de non retour.

10/02/2010

Il y a longtemps que je t'aime

il ya longtemps que je t'aime.jpgRien que pour l'interprétation de Kristin Scott Thomas, il faut voir ce film, c'est tout en finesse, en simplicité, dans le regard, dans le silence, c'est parfait.

Que dire de plus?

Si, que ce film mérite d'être vu pour Elsa Zylberstein aussi, pour la relation, le lien intrinquèque, immuable, intemporel (le titre du film renvoie à cet amour) qui unit ces deux soeurs. Comment avec quelques mots, beaucoup de silences, tout est dit, tout est compris. Les raisons pour lesquelles le personnage de Juliette (Kristin Scott Thomas) était absente de la vie de sa soeur Léa (Elsa Zylberstein) pendant 15 ans ne sont finalement qu'une excuse pour montrer comment l'amour d'une soeur, le fait qu'elle lui (par)donne tout va lui permettre de se reconstruire, de se créer une nouvelle vie.

Le réalisateur, Philippe Claudel, écrivain à la base, s'est intéressé aux relations qui unit ces deux soeurs et aux secrets et non-dits qui ont empoisonnés cette famille. Etrangement, pour un écrivain, il réussit très bien ici à jouer avec les silences et les regards. Alors que la réalisation, caméra à l'épaule, reste classique, pas de grands mouvements caméra, cette dernière se mettant au service de ses acteurs, ce sont les regards et les silences qui en disent le plus.

C'est un très beau film, très touchant sublimé par deux actrices qui donnent tout pour raconter cette bouleversante histoire de femmes, de soeurs.

ELLE

26/12/2009

Le Patient Anglais (the english patient)

le patient anglais.jpgIl y a des films qui marque mais pas toujours pour les raisons que l'on croit, j'ai vu ce film au cinéma, mais dans un cinéma en pleine air, avec sur le terrain de foot à côté des tentes qui se montaient pour des réfugiés Allemands et Italiens à cause de la guerre entre l'Erythrée et l'Ethiopie, donc ce film m'a marqué car j'ai eu l'ombre d'un arbre pendant tout le film, je ne me souvenais que de cela, il a fallu dix ans avant que je le revois, et que je découvre enfin ce film, qui est une magnifique histoire d'amour, mais elle a les codes pour faire l'histoire d'amour tragique et en même temps romantique: la guerre, un attachement à la terre, des protagonistes qui ne s'apprécient pas forcément au départ, n'est-ce pas "Autant en emporte le vent" ou encore il y a peu "Australia, je pourrais encore citer "Pearl Harbor", il manque juste l'affrontement entre les deux personnages mais l'espoir, l'amour en tant de guerre, rajoute une tension dramatique très forte, et avec ce film on a deux pour le prix d'un. Le film mélange énormément de chose puisqu'il y a la guerre, l'amour, mais aussi des sentiments profonds comme la vengeance, l'empathie, l'amitié, la trahison, le désespoir, tout cela fait une histoire très intéressante, avec une magnifique musique, et de beaux paysages, je comprend pourquoi ce film devient un classique. Les acteurs sont tous très bien, et la réalisation est parfaite, ça se regarde avec plaisir.

En 1945, quatre personnes dechirées par la guerre se réfugient dans un monastère abandonné de Toscane pour se guérir de leurs maux. Peu à peu le passé va resurgir et la présence d'un homme mystérieux et méconnaissable, le patient anglais, va bouleverser le destin de ceux qui croisent son chemin.