31.12.2009

Nuits Blanches (Le Notti Bianche)

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Je continue mon festival des films avec le magnifique et grand monsieur Marcello Mastroianni. Aujourd'hui, Nuits Blanches, tiré d'une nouvelle de Dostoïevski, une histoire d'amour entre une femme et deux hommes. L'un est le fantôme du passé (Jean Marais), amour aussi irréel qu'inconditionnel, l'autre représente le présent et l'avenir (Marcello Mastroianni), amour réel mais platonique.

Natalia (Maria Schell), jeune femme très naïve devra sortir de sa bulle et s'ouvrir au monde pour découvrir ce qu'est la vie et surtout ce qu'est le véritable amour.

Ce film est poignant, drôle, touchant, mélancolique. La séquence finale à elle seule résume bien tout ça, on sent le génie de Visconti à l'oeuvre ici. Sans dévoiler quoi que ce soit, le dernier plan est d'une simplicité narrative incroyable. Elle dévoile pourtant toutes les émotions que l'on a pu ressentir pendant le film en les accentuant à leur paroxysme. En un seul plan tout est dit, tout est résumé. En tant que spectateur on a plus qu'à accepter et digérer toutes ces émotions.

Filmé comme une pièce de théâtre (plans larges et fixes), Visconti laisse ainsi une totale liberté aux comédiens. On mise donc tout sur ces derniers. Ou du moins sur l'un d'entre eux, Marcello Mastroianni. Il est tout simplement époustouflant. Tour à tour drôle et émouvant, il n'a jamais peur du ridicule et le montre très bien, notamment dans une scène culte où il se met à danser une danse folklore assez démonstrative. Un grand moment de cinéma.

Quant à Maria Schell, je ne sais pas si elle est vraiment naïve et simplette dans la vie mais si c'est un rôle de composition qu'elle délivre ici, elle est très convaincante. Parce qu'à part sourire bètement et ricaner, elle ne fait pas grand chose.

Jean Marais c'est à peu près pareil. Il ne fait pas grand chose non plus. Son personnage est intrigant et mystérieux. Et Marais le fait bien sentir. Par contre je ne sais pas si Jean Marais parlait italien mais ça n'en a pas l'air. Il est doublé et de plus on le voit quasiment que de dos ou sans parler. Ça laisse une impression bizarre, comme si quelque chose sonnait faux. Et le jeu de Marais en pâtit. Au final il dégage peu d'émotions, il fait plus statue qu'autre chose. Et c'est dommage parce qu'il y avait quelque chose d'intéressant qui se dégageait de son personnage. Un mystère que le film ne fera qu'amplifier et préserver jusqu'à un final tout simplement magnifique.

Ce film fut Lion d'Argent à Venise en 1957.

Mario, jeune employé de banque, rencontre Natalia un soir au bord d'un canal. Le comportement de la jeune fille l'intrigue. Il revient, la retrouve et découvre bientôt qu'elle attend l'homme qu'elle aime qui lui a donne rendez-vous un an auparavant au bord du canal. Mario va tenter et presque réussir à se substituer à cet amour qui lui semble désormais improbable.

22.10.2009

Fellini, la Grande Parade

Fellini_DolceVita1.jpgDans le cadre d'une soirée exceptionnelle organisée par Le Courrier International, j'ai pu assister à l'exposition sur Fellini au Jeu de Paume, Fellini la Grande Parade. N'étant pas du tout familière de l'univers du cinéaste italien, j'ai véritablement découvert son univers fantasque, excentrique, jubilatoire, déluré, décalé, complètement hors normes.

L'exposition s'ouvre sur les débuts de Fellini, en tant que caricaturiste et dessinateur de BD dans des revues. On constate de suite que son inspiration principale serait apparemment les femmes, aux formes très avantageuses. Dans toute sa production cinématographique et picturale, le thème de la femme comme objet sexuel sera repris, exploité et surexploité. C'est l'homme de toutes les démesures.fellini.jpg

Dans la première partie de l'exposition, basée sur ses influences populaires, on nous montre un Fellini puisant son inspiration partoût où il peut, que ce soit à partir d'un fait divers sur un monstre marin échoué sur la plage, ou dans un univers qui l'a impressionné pendant son enfance, le cirque, ou encore chez les prostituées, la religion, les défilés.... Thèmes récurrents dans son oeuvre, on a l'impression que Fellini est comme obsédé par certains thèmes autour desquels il tournera pendant toute sa carrière.

Cette partie est ponctuée de projections d'extraits de certains de ses films qui retransmettent de façon juste l'ambiance et l'univers bruyant, vivant, festif, coloré du cinéaste.

La deuxième partie est consacrée elle au travail de Fellini et à son oeuvre en tant que metteur en scène et créateur. On peut voir des portraits du réalisateur et des acteurs sur les tournages de ses films. Sont décrits les mécanismes de fonctionnement des différentes parties qui composent l'univers gargantuesque de Fellini. Des décors à ses comédiens en passant par les costumes, ou certains moments clés de ses films (comme la scène de la fontaine dans La Dolce Vita par exemple), tout l'univers fellinien nous est dévoilé ici de façon simple et essentielle. Il manquerait peut être juste une explication un peu plus poussée quant au choix de ses films, de ses acteurs.

Toujours avec comme base les origines de ses influences, l'exposition met en avant, de façon simple et concise, l'actualité, les événements, les faits divers qui ont marqué le cinéaste et lui ont servi de base à son travail. A partir de cette base, certains films de Fellini sont présentés au public à travers des photos de tournage et de l'actualité de l'époque.

Après avoir vu cette exposition, on comprend mieux la psychologie du personnage qu'est Fellini et de son univers décalé et excentrique. Il y a tout de même un côté frustrant à l'exposition parce qu'on prend vraiment plaisir à découvrir ce personnage si unique. Mais la composition de l'exposition ne nous donne malheureusement pas assez à voir. Il faudra donc chercher par nous-même qui était vraiment ce cinéaste hors pair. Cela m'a donné envie de découvrir ses films, en commançant par La Dolce Vita, avec le brillantissime Marcello Mastroianni.

A côté de cette exposition, a lieu à la Cinémathèque française une rétrospective des films de Fellini.

19.08.2009

La Grande Bouffe

"Un scandale, un vrai scandale, et ça gagne du pognon ça, sur le dos du pauvre populo", le film sera à jamais associer à cette phrase, qui reste celui que l'on voit assez souvent lorsque l'on parle de Cannes mais bien sûr du film, car il a choqué, il a divisé, et bien aujourd'hui je peux à la limite comprendre pourquoi mais le film n'est qu'un concentré de vie, on mange, on baise, on rigole, on a des amis, on meurt, évidemment tout est à l'accès dans le film mais cela montre une partie de la vie, et de ses travers, alors est-ce que les gens des années 70, on voulu se voiler la face, non, car encore aujourd'hui il y a des gens pour dire que le film est une merde mais il dénonce la société de consommation dans les années 70!! Qu'aurait fait Ferreri en voyant ce qu'est devenu la société de consommation aujourd'hui qui est bien pire, les gens dépensent sans en avoir forcément besoin, c'est ce que dit l'un des personnages: "pourquoi manger alors que vous n'avez pas faim?", c'est marrant de voir comme des choses n'ont pas changé même 40 ans après, mais est-ce qu'un cinéaste pourrait montrer ce genre de choses, car le film n'est ni vulgaire, ni obscène, oui ils mangent, ils mangent beaucoup ce qui peut couper l'appétit mais ne voyait-on pas toujours Chirac entrain de manger et tout cela pour être populaire? Ils baisent tous ensemble, Kubrick a été plus loin avec "Eyes Wide Shut", les gens ne veulent pas voir ce qui existe, oui il y a des gens qui sont libertin, oh mon dieu! Cela montre l'hypocrisie des années 70 pour une majorité se disant bien pensante, mais n'avons-nous pas appris que certains politiques ou personnes au placé faisait des soirées bien plus oser que ce que l'on peut voir dans le film? Ferreri n'a fait que prendre des sujets qu'il devait savoir indémodable car on parle toujours de nourriture et de sexe, et bien sûr qu'il a voulu choquer, c'est le meilleur moyen pour qu'un grand nombre de gens voit le film, ce qui est encore le cas aujourd"hui puisque je l'ai vu pour cela, et surtout que l'on parle des sujets du film, un film comme "Eyes wide shut" aurait tout autant choqué dans les années 70, comme "Bonjour tristesse" a pu choqué, généralement on choque quand on dit la vérité, et que l'on montre ce que les gens ne veulent pas voir donc le film n'est plus un simple film, il est devenu un classique, mais il a mobilisé un certain nombre de personnes pour ce qu'il raconte, c'est un peu comme "Welcome" qui a mis mal à l'aise le gouvernement, et quand on réagit à quelque chose c'est qu'il y a un problème. C'est un peu long mais il y en a qui font bien pire avec peu de temps (voir la critique de Fish Tank!)

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Quatre amis gourmets et gourmants s'enferment tout un week-end à la campagne et organisent une "bouffe" gigantesque.

02.08.2009

Une Journée Particulière (Una Giornata Particolare)

Très beau plaidoyer sur la différence qui embrasse des sujets aussi divers et variés que la politique, l'homosexualité, la lutte des classes sociales, la famille et ses valeurs... Ettore Scola, cinéaste (très) engagé et provocateur, met en scène, sur fond de discours et chants patriotiques à la gloire de Mussolini et Hitler, la rencontre fortuite d'une femme, mère de 6 enfants, et d'un homosexuel intellectuel déprimé. Tout se passe en une journée, et c'est bien une journée particlulière à laquelle on assiste. Le genre qui peut changer toute une vie, ou du moins qui permet de s'évader du quotidien sombre et sans avenir. Scola met en parallèle deux univers en opposant volontairement la joie des partisans de Mussolini et d'Hitler avec l'univers de dépression dans lequel sont plongés les deux personnages principaux. Cette opposition isole encore plus Antonietta (Sophia Loren) et Gabriele (Marcello Mastroianni) d'un monde social qui ne les comprend pas et qui ne se donne même pas la peine de le faire. Antonietta n'est considérée par son mari et ses enfants que comme une bonne à tout faire. Quant à Gabriele, il est rejeté par son travail et par la société pour des orientations sexuelles qui ne correspondent pas à la morale catholique et conservatrice italienne de l'époque.

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Le réalisateur, à travers ce film social, met à mal la politique de Mussolini et Hitler. Il les ridiculise en jouant sur l'Histoire et en se moquant de leurs partisans les plus fervents. On connaît l'issue de la guerre. Là on est en 1938, ce qui provoque des petits rires génés lorsque l'on entend l'un des personnages déclarer que dans dix ou vingt ans les gens pourront être fiers de dire qu'ils ont assisté à cette journée mémorable. Mais Scola ne s'arrête pas au côté politique. Il dénonce par la même les inégalités, les injustices et les préjugés d'une société en crise. Ces deux individus sont complètement seuls, ils n'ont que l'un et l'autre pour s'exprimer et faire valoir leur droit. Ils trouveront chez l'autre le réconfort et la compréhension que cette société n'est pas en mesure de leur apporter. Tel un film de De Sica, le réalisateur nous plonge dans cet univers sombre et noir sans nous donner la possiblité d'en sortir. L'emprise négative de la société est trop forte pour qu'une issue plus positive pour les deux personnages soit envisagée. Cette journée aura sonnée pour eux comme un échappatoire à ce quotidien morose. Symboliquement, Scola finit son film sur Antonietta fermant la fenêtre, image de cette liberté ephémère qui s'évapore alors que la vie triste et machinale reprend son cours.

Plus je découvre Marcello Mastroianni plus je le trouve exceptionnel. Dans ce film il est tout simplement envoutant. Il ne surjoue jamais, toujours en subtilité et en finesse. Lui et Sophia Loren sont très touchants. Entre fragilité et force, ils nous délivrent une performance sans faille, jouant sur leur alchimie et leur complicité (12 films ensemble tout de même) pour intensifier les sentiments de ses deux êtres solitaires.

06.07.2009

Divorce à l'Italienne (Divorzio all'Italiana)

divorce italienne.jpgDans le cadre du Festival Paris Cinéma qui se tient jusqu'au 14 juillet, le film Divorce à l'Italienne a été diffusé en avant-première, remasterisé, avant une sortie nationale le 08 juillet.

Comédie grincante, jubilatoire et caustique sur l'histoire d'un homme marié qui cherche le moyen le plus pratique (mais pas forcément le plus simple) pour se débarasser de sa femme et ainsi épouser celle qu'il aime vraiment. Divorce à l'Italienne fait référence à la façon peu catholique dont les hommes se séparaient de leur femme dans les années 60 puisque le divorce était interdit par l'état. Le réalisateur italien Pietro Germi traite de ce sujet de manière cynique et décalée, avec énormément d'humour et sans prétention. La qualité de son scénario lui a même valu un Oscar en 1963.

En dehors du scénario, l'autre intérêt majeur du film est la présence de Marcello Mastroanni. Sa prestation impeccable du mari un peu benêt, ne manquant pas de bonne foi ni de bonne volonté pour quitter sa femme à tout prix, lui a valu un Golden Globe. Il rend son personnage drôle, touchant, allant jusqu'à amener le spectateur à justifier ses actes et envies meurtrières, pourtant si peu orthodoxes. Il suffit de voir sa tête moustachue avec son petit sourire en coin et son tic de bouche pour q'on lui pardonne tout.

Mais qu'est-ce que ça peut bien être