04/12/2010

The Machinist

the machinist.jpgThe Machinist, ce n'est pas le genre de film que l'on regarde quand tout va mal. Car ce thriller psychologique a la fâcheuse tendance à vous casser le moral. Déjà par son ambiance très glauque, très sombre, très pesante. On est plongé dans un univers aux couleurs ternes, grises, qui est le reflet psychologique du personnage interprété par Christian Bale, en pleine déperdition.

Ce film, sur certains aspects comme le thème de problèmes d'identité ou encore la musique, violons et trombones, rappelle dans l'esprit un film d'Hitchcock. Il renvoie aussi aux films de Cronenberg, pour l'univers et l'ambiance glauque ou Memento, de Christopher Nolan, pour la construction du film en labyrinthe et énigmes psychologiques. Il emprunte donc aux meilleurs du genre mais sans leur porter préjudice. Tout y est bien balancé et équilibré entre le fond et la forme. Tout va dans le même sens, jouer sur l'esprit psychologique fragile du personnage principal pour nous plonger dans un cauchemar éveillé dont on n'est pas sûr de sortir indemne. Comme si nous entrions dans son esprit torturé et que l'on voyait la réalité de son point de vue. Ce qui est concrètement le cas. Au point qu'en tant que spectateur il nous est quasiment impossible de distinguer le cauchemar de la réalité. En plaçant sa caméra d'un point de vue subjectif le réalisateur, Brad Anderson, a eu la merveilleuse idée d'entraîner le spectateur dans une confusion à la limite du supportable. Et cela nous rapproche du personnage de Christian Bale. On a plus de compassion pour lui et pour ce qui lui arrive.

Et puis la prestation de Christian Bale dans ce rôle d'ouvrier qui ne mange plus et ne dort plus depuis un an est le deuxième élément qui vous casse le moral. Et il mérite que l'on en parle. Car sa prestation est tout simplement époustouflante. A se demander véritablement comment il a fait pour survivre et pouvoir jouer, ou même marcher. Il s'est véritablement investi dans son rôle et cela se ressent directement à l'écran où il y est totalement crédible. On ne peut que croire et entrer dans l'histoire de cet homme fragile, perdu. Au point que cela en devient presque effrayant. Ne serait-ce que pour sa performance je conseille ce film, qui vous emportera ensuite pour son univers glauque et bizarre.

En parallèle, ce film soulève un problème de société qui est à considérer à une échelle plus large que la vie de cet individu, soit l'aliénation de la société face aux conditions de travail et de vie. Les gens doivent lutter plus fort pour survivre, quitte à perdre tout sens des réalités. C'est pour cela que le fait que cet homme soit un ouvrier, The Machinist, n'est pas un hasard. Parce qu'il renvoie directement à la dépression qui entoure notre monde et notre société, cette lutte de tous les jours, de tous les instants pour juste vivre. Ce machiniste est la base de cette société en mal de vivre.

ELLE