15/01/2010

Nine

nine2.jpgVoici l'un des films attendus pour l'année 2010, et nous avons pu le voir, non sans mal d'ailleurs mais nous l'avons vu dans un très bonne salle en plein coeur de Londres. Et je dois dire que je n'ai pas été déçu mais alors vraiment pas car tout y est, la lumière, les décors, les chansons, les actrices, l'acteur, les mouvements de caméra, l'histoire, tout est absolument parfait, on suit cette histoire avec un véritable plaisir, on écoute avec tout autant de plaisir les séquences de chaque actrice, qui pour certaines font de véritables performances, j'aurai rêvé de la voir sur scène. Il y a tout le charme des films italiens, avec ses histoires passionnelles dans tous les sens. C'est un hommage à Fellini pas à son univers mais ce qu'il est, et sa passion pour les femmes. Le casting est parfait Daniel Day-Lewis est excellent, chacune des actrices est parfaitement bien dans son rôle, il n'y a pas de fausse note, Penelope Cruz danse magnifiquement bien et Marion Cotillard tout aussi magnifique mais dans le chant. Le réalisateur de "Chicago" ne démérite pas et il devrait avoir quelques belles nominations, qui d'ailleurs pour certaines tombent déjà puisque Marion Cotillard et Penelope Cruz sont nommées pour les Golden Globes, entre autre. Je suis impatient de pouvoir le revoir lorsqu'il sortira en France, seulement en Mars, allez comprendre pourquoi?  C'est un enchantement pour tous les sens pas comme le film que nous avons vu ensuite!

02/08/2009

Une Journée Particulière (Una Giornata Particolare)

Très beau plaidoyer sur la différence qui embrasse des sujets aussi divers et variés que la politique, l'homosexualité, la lutte des classes sociales, la famille et ses valeurs... Ettore Scola, cinéaste (très) engagé et provocateur, met en scène, sur fond de discours et chants patriotiques à la gloire de Mussolini et Hitler, la rencontre fortuite d'une femme, mère de 6 enfants, et d'un homosexuel intellectuel déprimé. Tout se passe en une journée, et c'est bien une journée particlulière à laquelle on assiste. Le genre qui peut changer toute une vie, ou du moins qui permet de s'évader du quotidien sombre et sans avenir. Scola met en parallèle deux univers en opposant volontairement la joie des partisans de Mussolini et d'Hitler avec l'univers de dépression dans lequel sont plongés les deux personnages principaux. Cette opposition isole encore plus Antonietta (Sophia Loren) et Gabriele (Marcello Mastroianni) d'un monde social qui ne les comprend pas et qui ne se donne même pas la peine de le faire. Antonietta n'est considérée par son mari et ses enfants que comme une bonne à tout faire. Quant à Gabriele, il est rejeté par son travail et par la société pour des orientations sexuelles qui ne correspondent pas à la morale catholique et conservatrice italienne de l'époque.

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Le réalisateur, à travers ce film social, met à mal la politique de Mussolini et Hitler. Il les ridiculise en jouant sur l'Histoire et en se moquant de leurs partisans les plus fervents. On connaît l'issue de la guerre. Là on est en 1938, ce qui provoque des petits rires génés lorsque l'on entend l'un des personnages déclarer que dans dix ou vingt ans les gens pourront être fiers de dire qu'ils ont assisté à cette journée mémorable. Mais Scola ne s'arrête pas au côté politique. Il dénonce par la même les inégalités, les injustices et les préjugés d'une société en crise. Ces deux individus sont complètement seuls, ils n'ont que l'un et l'autre pour s'exprimer et faire valoir leur droit. Ils trouveront chez l'autre le réconfort et la compréhension que cette société n'est pas en mesure de leur apporter. Tel un film de De Sica, le réalisateur nous plonge dans cet univers sombre et noir sans nous donner la possiblité d'en sortir. L'emprise négative de la société est trop forte pour qu'une issue plus positive pour les deux personnages soit envisagée. Cette journée aura sonnée pour eux comme un échappatoire à ce quotidien morose. Symboliquement, Scola finit son film sur Antonietta fermant la fenêtre, image de cette liberté ephémère qui s'évapore alors que la vie triste et machinale reprend son cours.

Plus je découvre Marcello Mastroianni plus je le trouve exceptionnel. Dans ce film il est tout simplement envoutant. Il ne surjoue jamais, toujours en subtilité et en finesse. Lui et Sophia Loren sont très touchants. Entre fragilité et force, ils nous délivrent une performance sans faille, jouant sur leur alchimie et leur complicité (12 films ensemble tout de même) pour intensifier les sentiments de ses deux êtres solitaires.