01.08.2009
Blaze

Ecrit sous la plume de Richard Bachman, aka Stephen King, Blaze est littéralement un roman sorti d'un fond de tiroir. Rédigé il y a maintenant plus de trente ans, le livre ne fut publié qu'il y a deux ans. Pourquoi autant de temps entre les deux? Stephen King explique qu'il n'aimait pas du tout le livre au début et puis, par un coût du hasard, il est retombé dessus et a décidé de le publier. Peut être à tort.
Pourtant extrèmement fan de King, j'ai été déçue par ce roman. Il ne correspondait pas à l'idée que je m'en faisais. Peut être ai-je été déroutée par le fait qu'il a été écrit il y a 30 ans, avec un style qui diffère complètement de l'actuel, plus tranchant, plus cru, plus dur aussi. Ici l'histoire est trop gentillette, trop douce. King s'inspire de la fameuse affaire de l'enfant Lindbergh (bébé du célèbre aviateur qui fut enlevé puis tué) pour raconter les (més)aventures de Blaze, garçon très gentil, très niais aussi (suite à un fâcheux accident avec son père) et donc un tantinet simplet. Son côté attachant n'enlève rien au fait qu'il commet un crime. On est donc partagé pendant tout le livre entre éprouver de la tendresse ou du dégoût pour lui. Cela reste tout de même un livre qui se lit très facilement. Les passages de flashbacks sont très bien intégrés à l'histoire et permettent de mieux comprendre la psychologie du personnage, plus complexe qu'il n'y parait. On regrette tout de même le manque de fantastique, pourtant cher à Stephen King. C'est peut être aussi pour cela que j'ai moins apprécié ce livre, il est trop ancré dans la réalité.
Et si vous devez lire (ou même voir puisque le film est excellent) un livre qui s'inspire de l'affaire du bébé Lindbergh, je ne peux que vous conseiller de vous jeter sur Le Crime de l'Orient Express, chef d'oeuvre littéraire d'Agatha Christie.
01:12 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : stephen king
14.06.2009
Lisey's Story (Histoire de Lisey)
"Histoire de Lisey" est l'une des œuvres de Stephen King les plus émouvantes qu'il m'ait été données de lire. Grande admiratrice du travail du maître du fantastique, c'est toujours avec beaucoup d'excitation et de curiosité que je me lance dans la lecture d'un de ses romans. Je ne fus point déçue par celui-ci.
Il traite d'un thème cher à Stephen King, l'écriture et la création qui en découle. C'est l'histoire d'un romancier qui explique les origines de sa création et de son imagination débordante. Très introspectif, le livre nous renvoie forcément à l'écrivain qu'est Stephen King (le Scott Landon de son livre écrit des romans fantastiques), se demandant si ce qu'il dévoile dans son livre peut lui être attribué et jusqu'à quel point.
Stephen King enrichit son roman d'une autre dimension, plus humaine, plus sensible, celle de l'amour. L'histoire de Lisey raconte avant tout l'histoire d'un amour passionnel et éternel entre un écrivain torturé par ses démons intérieurs et une femme qui est prête à tout pour protéger l'homme qu'elle aime.
Scott Landon est un romancier de fantastique célèbre qui, pendant ses 25 années de bonheur partagées avec sa femme, Lisey, lui a fait découvrir les affres de la création, la source sombre, effrayante et mystérieuse dans laquelle son auteur de mari puise ses histoires. Par l'intermédiaire de Lisey, Scott nous plonge dans l'horreur de son enfance et de ses souvenirs familiaux assez inhabituels.
Le point de vue choisi par Stephen King pour nous raconter l'histoire est assez original et donne au livre une dimension plus réelle. Comme l'indique le titre c'est l'histoire de Lisey, racontée et vécue par cette dernière. Le fil de l'histoire n'est pas linéaire, les différents éléments de l'intrigue nous sont dévoilés en fonction des souvenirs de Lisey. Un souvenir en amenant un autre, les histoires finissent par se mélanger, interagissant les unes avec les autres. C'est alors à nous de reconstituer le puzzle et de regrouper les éléments dispersés dans tout le roman. La double connotation du titre est intéressante à suivre. Parce que l'histoire de Lisey n'est pas seulement celle qu'elle nous raconte. C'est aussi celle qu'elle vit au moment où elle nous dévoile ses souvenirs. L'enchevêtrement des points de vue, des histoires rend la lecture très dynamique. En tant que spectateur on est plongé dans cet univers complexe qu'est celui de la création littéraire, à travers cette double histoire de Lisey, et ne pouvons en sortir que lorsque Stephen King nous aura amené au bout du chemin, là où le mystère est dévoilé.
Comme Stephen King le dit si bien dans son roman, "écrire un livre est comme trouver un fil de couleur vive dans l'herbe et le suivre pour voir où il pourrait bien conduire. Parfois le fil se rompt et te laisse les mains vides. Mais parfois [...] il te conduit à un trésor [...] Le trésor est le livre". Cette phrase symbolique peut aussi s'appliquer au lecteur de ce roman.
08:16 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : stephen king
19.04.2009
Dreamcatcher, l'Attrape-rêves
Fan de Stephen King, j'appréhende toujours une adaptation d'un de ses livres au cinéma. Surtout lorsque le livre en particulier est d'un style littéraire très dur, voire même choquant. Ce livre, c'est Dreamcatcher. Et le résultat fut très largement au-dessus de mes attentes. Le film éponyme, réalisé par Lawrence Kasdan, met en scène 4 amis (interprétés respectivement par Thomas Jane, Jason Lee, Damian Lewis et Timothy Olyphant) qui ne s'étaient pas vus depuis des années. Ils décident lors d'un week-end de se retrouver pour une partie de chasse dans les forêts du Maine. A peine arrivés, un homme débarque dans leur chalet, malade, avec des symptômes communs mais poussés à l'extrême. S'ensuivra alors un combat contre la mort, contre l'invasion et contre un gouvernement exterminateur (dont son représentant le plus actif est le colonel Curtis, Morgan Freeman).
Ces symptômes, annonciateurs d'un grand drame à venir, sont la raison pour laquelle j'ai été choquée et dégoutée en lisant le livre. Et ils sont aussi la cause de ma réticence à aller voir le film, pourtant grande fan du maître de l'horreur et du fantastique. Racontés avec une violence inouïe dans le livre je me suis demandée comment le réalisateur pouvait réussir à retranscrire en image ces symptômes, ses sensations, cette ambiance glauque, voire gore, très gore. Le résultat est plus que satisfaisant. Dans la lignée de La Ligne Verte ou Les Evadés, Dreamcatcher est une très bonne adaptation du livre de Stephen King. Sans aller aussi loin que le livre dans l'horreur et le détail, on y retrouve les même sensations, les même ressentiments vis à vis de la maladie et de ses symptômes. Le réalisateur fait monter le suspense crescendo, ne laissant jamais respirer le spectateur. Les forêts enneigées du Maine participent à cette sensation d'étouffement et de suffocation. Tout comme les personnages on se sent prisonnier de cet espace qui est pourtant grand, encerclé par une présence intruse et malveillante. L'univers fantastique, quotidien et en même temps surréaliste de l'écrivain ressortent de façon très pesante dans ce film sans prétention qui mène bien sa barque jusqu'au bout.
23:30 Publié dans DVD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lawrence kasdan, morgan freeman, jason lee, thomas jane, damian lewis, stephen king












